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Forum de la guilde Les Promesses Du Crépuscule du serveur Domen de Dofus .
 
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 Fragments brisés

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Daguers

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MessageSujet: Fragments brisés   Mar 23 Juil 2013 - 23:37


    Le bruit des vagues. Insistant, toujours irrésistiblement mené par la même rythmique. Immuable, alors que moi je ne git ici que depuis quelques minutes. Je suis un intrus, un étranger, et ce monde me l'annonce déjà alors que je ne suis même pas encore réveillé. Ce bruit de vagues m'agresse, les piaillements aigus des oiseaux m'agressent, le sel qui incruste ma peau et me brûle m'agresse. Comment cet endroit sait il que je ne suis pas d'ici, alors que moi même je ne le sais pas ? J'ai perdu mes souvenirs lors de ma chute, je ne sais plus qui je suis, où je suis, quand je suis. Je ne sais rien. Les derniers instants de mon passé qu'il me reste disparaissent peu à peu. Quelle est cette île que je vois s'éloigner ? Elle est entourée d'une brume malsaine, mauvaise, malfaisante...Ce jeune garçon qui maîtrisait une glace formidable, pourquoi a t-il sauté ? Et comment est ce que je le connais ? Ce visage...on dirait un grand lézard. Blanc, grand, puissant. Depuis combien de temps ne l'ai-je pas revu ? Trop de flash. Mon esprit bascule de nouveau dans l'inconscience tandis que le bruit des vagues est de plus en plus ténu...

    Une douleur vive me réveille. Comment se fait il que j'ai encore mal après tout cela ? J'ouvre les yeux, et d'un geste faible, je chasse la mouette qui commençait à faire de mon cadavre son déjeuner. Ca ne serait pas aujourd'hui, non. Je pose ma paume sur la terre, pour la sentir, mais ce n'est pas ce à quoi je m'attendais. C'est du sable, chaud et fin, presque doux sur ma peau mordue et rougie par mon « bain ». Me relever. Il faut que je me relève ou je vais mourir. Fort de cette idée impérieuse, je pousse sur mon bras amaigri et je fini par me redresser. Me tenir à peu près droit sur mes fesses me coûte déjà un effort qui me paraît infâme. J'aimerais refermer les yeux, replonger dans ce soir doux et épais. Mais je sais que si je ferme encore les yeux, je ne les rouvrirais pas, alors je me lève, péniblement. Devant moi s'étend l'océan, sans doute celui dans lequel je suis tombé. Je regarde autour de moi, la nature ici paraît verdoyante et abondante. Alors pourquoi autour de moi est il ce grand cercle de gris, de mort, ce cimetière de plantes décharnées, et ces cadavres d'étranges bipèdes colorés à l'apparence de poisson ? Je ne comprends pas. Et comme je ne comprends pas ce qui m'entoure, j'essaye de voir ce qui m'est propre.

    Sur ma tête, je sens flotter un bonnet bien trop grand pour moi. Après inspection, il est bleu vif, d'une étrange facture. Un haut éliminé, un pantalon qui l'est tout autant...pas de chaussures. Etrange, tiens. Et un anneau. Il aurait été beau, cet anneau de métal bronze renfermant une espèce de cœur dispensant une pâle lueur d'un azur électrique. Seulement, je vois des tentacules qui émanent de lui et qui sont plantés dans ma chair. Ils se contractent au même rythme que mon cœur, on dirait une bête qui se nourrie de moi. Dans un élan de survie, je tente de l'enlever. Mais non seulement quand je tire il ne bouge pas, mais en plus cela me cause une douleur fulgurante dans la tête. Je ne peux faire autrement que reprendre mon souffle, et attendre que le flou de ma vision daigne s'en aller. Je continue l'inspection. Des bras très maigres, des jambes plus minces encore...je vois presque mon cœur soulever un petit mont dans ma poitrine creusée qui surplombe un creux monstrueux là où devrait se trouver mon estomac. Je dois manger. Cet impératif n'est pas tiré d'une quelconque analyse mais d'un besoin vital, un instinct sauvage. Je dois manger, je dois boire, je dois survivre. Et je survivrai.Trop longtemps, peut être, au final. Mais en cet instant, seul dans un endroit hostile, je n'ai pas le temps de me demander si je ne ferais pas mieux de me laisser mourir qu'un petit cri aigu et faible se fait entendre. Du sable au loin sortent de petits êtres écailleux, semblables à ceux qui m'entourent, sauf qu'eux sont vivants. Leur mère a du pondre les œufs dans sable...ce sont des bébés. Ce sont des bébés, mais j'ai faim et je suis sans force pour une proie plus grosse.

    Fragments Brisés, chapitre premier

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Daguers

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MessageSujet: Re: Fragments brisés   Dim 28 Juil 2013 - 12:19

    De jour en jour, mon corps recouvre sa santé. J'ai continué à chasser les petits qui sortaient du sable, on dirait que la chance ne m'a pas totalement abandonné à mon sort pour m'avoir envoyé ici en pleine période d'éclosion. Leur chair est insipide et élastique, mais au moins elle est nourrissante. A cela j'ai allié des fruits que j'ai trouvé sur des arbres. Combiné à du repos à outrance, ça m'a permis de refaire mes forces. Curieusement, plus mon état de santé s'améliore et plus ces tentacules bleus infâmes se résorbent. Je n'ai pas encore compris comment marchait cette...chose. Au bout de quelques jours, j'ai tenté de m'en libérer autrement qu'en tirant, avec une grosse pierre tranchante que j'ai aiguisée afin de couper la chair de mes proies. Enfin, ce qui importe est qu'après un grand coup, l'anneau n'a montré aucune rayure alors que ma pierre, elle, a volé en éclats dont quelques uns m'ont entaillé. Cet artefact demeure définitivement un mystère, ce qui n'aurait pas été un gros problème s'il n'avait pas été immuablement fixé à mon doigt.

    J'ai compté chaque crépuscule que je voyais, et cela fait maintenant le septième qui se déroule sous mes yeux. Je ne sais pas ce qui me maintient encore en vie. Je ne me souviens plus de qui j'étais, je n'ai plus aucune attache nulle part. Pourquoi ne pas lacher prise, tout simplement ? Parfois, quand je tiens ce silex tranchant et que je sens battre dans mon cou fragile l'artère vitale qui me fait tenir en vie, j'hésite. Pourquoi ? Pourquoi tout cela ? Pourquoi devrais-je vivre, alors que je ne sais même pas qui je suis ? Un nom, je n'ai pas même pas de nom, cette chose si petite que les gens sous estiment tant. Avoir un nom, c'est avoir une existence, c'est être inscrit dans le champ de la réalité, c'est pouvoir être évoqué, être appelé, être aimé ou déteste. Moi je n'ai rien de tout cela, ni nom ni souvenirs. Est ce que ça fait de moi un être qui n'existe pas ? Peut être. Au final, si nous ne sommes que la somme de nos expériences, alors je ne suis personne. Si ma gorge non, mon cœur lui saigne depuis mon réveil, et c'est peut être cette hémorragie la qui aura raison de moi sur ces terres inhabitées que sont celles où je suis venu en ce monde. Ma naissance...Quel jour étions nous, quand j'ai ouvert les yeux ? Je ne m'en rappelle même pas. Vaguement, quand l'onde était paisible, j'ai essayé d'analyser mon reflet. Mes traits tirés et fatigués me soufflent juste que j'ai l'air jeune. Quatorze ans, peut être ?

    Trop jeune. Je devrais avoir un père, je devrais avoir une mère. Où sont ces gens, ceux qui m'ont mis au monde ? Ne suis-je pas supposé être le morceau d'un tout ? Que de questions qui n'ont jamais eu de réponses et qui, face à la faim, la soif, le danger, ont pâli bien vite. Face à l'écrasante hostilité qu'affiche ce monde pour moi, je ne lutte pas vraiment, je ne fais que me laisser porter par les courants en essayant de ne pas avoir un trop mauvais sort.

    Le huitième jour, une caravane passait. C'étaient des marchands, attroupés en une longue procession de charrettes et de guerriers qui faisaient des allers et venus, juchés sur des bêtes écailleuses et bipèdes. Quand ils me virent, ils arrêtèrent leur avancée et quelques hommes vinrent vers moi. Je ne savais pas ce qu'ils voulaient, et de peur, je faillis m'enfuir. Seule la raison me poussa à rester, au moins le temps de voir quelles étaient leurs intentions. Leur langage, je le comprenais, il était similaire au mien. Quoique je le trouvais plus abâtardi, et quand moi je leur répliquât, ils eurent l'air de me penser tout droit sorti d'un vieux manuscrit poussiéreux. Enfin, au terme d'un court échange, ils me proposaient de rejoindre la troupe. Ils allaient à Brakmar depuis Bonta, des marchands itinérants. Je leur avait fait pitié et ils se proposaient de m'emmener jusqu'à une grande ville. Ils ne mâchaient pas leurs mots, mais quand je levais mes yeux bleus sur eux, sous mon bonnet blanc, ils avaient l'air honnêtes. Alors j'ai accepté.

    Les jours passèrent lentement. Nous n'avions pas eu à déplorer d'attaques, et les soldats s'ennuyaient légèrement. Voilà quatre jours que ces marchands m'ont pris à leur bord, et nous en sommes déjà à la moitié de ces terres désolées que sont les Landes de Sidimote. Elles abordent de nombreuses carcasses de maisons rasées par le feu, et parfois je m'inquiétait de savoir ce qui avait pu causer un tel carnage. Un jour, un des vétérans qui montaient ces étranges reptiles à deux pattes sembla remarquer ma perplexité quant à ces ruines calcinées. Il répondit avec un laconisme qui ne fit que mettre en relief sa réponse : « La guerre, gamin ». La guerre. Mon esprit juvénile ne comprit pas. Pourquoi des humains se battraient entre eux ? Je trouvais la raison stupide, inutile. Au lieu de se battre, s'entraider permettait de construire des tours plus grandes, des murs plus solides et des champs plus vaste. Mais en y repensant, je me disais qu'il y avait beaucoup de mercenaires qui protégeaient ces marchands. Sans doute trop pour combattre les quelques créatures sauvages sur la route...Ils devaient s'attendre à une menace plus importante. Tandis que les jours naissaient et mourraient, je faisais plus vastes connaissances avec ces guerriers qui portaient un même chapeau de paille dorée. Mais alors que je commençais à m'ouvrir à eux, voir à sourire, nous atteignîmes le but de leur voyage : Brakmar, la Cité Pourpre.

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